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JEUX D'EPEE EN QUELQUES MOTS

Les Jeux d'épée sont à l'initiative du GRDT (groupement pour la recherche et le développement du taiji quan, association basée en Charentes) Ces jeux d'épée vous propose un stage estival  ouvert à tous de trois jours ; débutants, pratiquants d'arts martiaux internes et externes, il est consacré à la pratique des armes avec partenaire sous formes d'échanges codifiés et amicaux.

Publié par jeux d'épée

 

CHANSON DU SABRE JAPONAIS [1]

  katana-chanson-du-sabre.JPG

 

 

Le sabre précieux est là, sur le marché, long de plus de cinq pieds

Le marchand du marché me conte son histoire.

 

Un démon à poil roux[2] vint du Grand Océan ;

Ce sabre, il le tenait du roi du Japon.

 

Pendant trois jours, le Roi a fait jeûner Poil Roux,

Puis, avec force courbettes, le lui remit.

 

Le sabre a forme de dragon, aspect de tigre, il est d’humeur à rendre arrogant.

Quand on le tire du fourreau, c’est comme si scintillaient les étoiles du ciel.

 

A sa poignée, on a serti la Perle du Serpent jaune ;

Rien n’égala jamais les cent joyaux de sa garde.

 

Parfois dans la nuit noire, sa blancheur illumine les gens ;

Parfois, le sang de ses victimes jette le frais éclat d’un brocart purpurin.

 

Changeant avec le temps, il est tantôt pénombre, tantôt clarté ;

Dans la tempête, pendu au mur, il gronde étrangement.

 

Le Roi, dit la tradition, le fit forger

Un jour de conjonction entre le Métal et le Feu qui le vainc.[3]

 

L’arme achevée, les génies malfaisants des marais et des bois firent soumission ;

A travers le pays, les squelettes poussèrent d’humains gémissements.

 

Il fait tomber les têtes, légères comme papier qui vole ;

Quand sa lueur  glacée passe sur les flots, ils s’aplanissent.

 

Le Roi aimait à guerroyer, car il savait la force de son sabre ;

Son grand bateau passa la mer, et le Dieu de la mer fut triste.

 

Maintenant sur le marché, ce sabre, personne ne le connaît ;

On en veut mille onces d’argent, mais il ne se vent pas.

 

A ce récit, je pousse un vain soupir ;

Que faire de cette arme instrument de malheur[4] ?

 

Ce qui est précieux en Chine, ce ne sont pas les sabres ;

Rendez donc ce sabre à Poil Roux !

 



Leang p’ei-lan (Leang Tche-wou, 1632-1708)


1   Tiré de « Anthologie de la poésie chinoise classique » sous la direction de Paul Demiéville  Poésie/Gallimard

2    Note du traducteur : Un occidental

3    Note du traducteur : Théorie des éléments

4     Note du traducteur : Allusion à un passage du Lao-tseu où il est dit que les armes sont des instruments néfastes.

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